Quelles sont les grandes tendances qui bouleversent le marché de l’édition ?

« Dans notre édition d’hierune légère erreur technique nous a fait imprimer les noms de champignons vénéneux sous les photos des champignons comestibles… et vice versa ! Nos lecteurs survivants auront rectifié d’eux-mêmes. » (Pierre Desproges)

Ce trait d’humour dramatique mais délicieux tombe en désuétude avec la qualité moderne des prestataires. Aujourd’hui, mon cher Pierre, le pré-presse gomme systématiquement les erreurs qui se glissent dans les ouvrages. De plus, les outils numériques nous aident à pulvériser les difformités typographiques et perfectionner la mise en forme. En effet, les champignons déploieraient mieux leur chapeau et leur volve avec le savoir-faire éditorial actuel !

Mais qui lirait encore ce type d’ouvrages et sur quels supports ? Par ailleurs, les progrès n’impliquent-ils pas aussi et surtout une amélioration des délais et des coûts pour l’éditeur et son chef de fabrication ?

L’émergence de lecteurs numériques

Le marché du livre, au même titre que le septième art ou la musique, accueille un petit nouveau : le consommateur numérique. Il représenterait un amoureux du livre sur cinq. (Opinion Way) Les moins de 35ans, épaulés par les plus diplômés, expliquent la majeure partie de cette composante. L’augmentation de cette pratique se confirme d’année en année.

Pourquoi la numérisation a-t-elle le vent en poupe ? Trois atouts assurent ce succès :

  • La mobilité : le transport facile d’une constellation d’ouvrages est, en plus, accessible à partir de multiples supports (portable, ordinateur, liseur, tablette, etc). En outre, la capacité de stockage est immense.

 

  • Le prix : si les coûts de fabrication fondent avec la suppression ou l’adaptation à la demande de l’impression, le coût d’achat gagne également en attractivité aux yeux des lecteurs.

 

  • Modes de lecture et d’écriture : l’encre numérique peut se parer d’ornements enrichissants (vidéo, audio et illustration).  Cette interactivité instaure un dialogue fertile entre les mots, les sons et les images. Par ailleurs, la consultation en ligne se personnalise, s’adapte et se modifie sans difficulté (possibilité de zoomer, ajouter des notes personnelles, surligner, etc).

Pour en savoir plus sur le bouleversement numérique et le savoir-faire qu’il implique (requiert ?) : cliquez ici.

 

Dans les librairies, l’offre se diversifie avec les PNB (Prêt numérique en bibliothèque) pour intégrer cette cohorte de bouquineurs.  Néanmoins, la lecture, jugée fatigante et moins confortable sur écran, fait prendre conscience aux éditeurs que l’œuvre physique, tangible, palpable conserve tous ses charmes.

Auscultons maintenant l’état du marché désormais mixte (le numérique complète le papier).

 

Un marché du livre mixte et stagnant… mais encore en bonne santé !

Deux chiffres coup de poing rassureront les éditeurs inquiets et la chaîne de production traditionnelle : 84% de la population bibliophile est plus réceptive avec un livre imprimé entre les mains, propice à la concentration et la mémorisation, que face au virtuel. Qui plus est, 79% se sentent plus détendus avec le papier. Finalement, même si le livre numérique fait son nid, le papier poursuit son envolée.

Mais la diversité de l’offre n’exclut pas un manque de rentabilité. Quid de la santé du marché et des éditeurs ? Le thermomètre économique donne une température moyenne mais encourageante :

 

 

L’amour des lettres ne nous dispense pas d’analyses chiffrées afin d’optimiser notre processus de fabrication. En effet, les tendances du marché induisent un mode de production innovant et plus exigeant. Ce nouveau type de fabrication sera décortiqué par PCA-CMB, à partir de son modèle, dans une seconde partie.

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